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Textiles 
De nos jours, les entreprises de recyclage textiles subsistent grâce à la friperie, qui est parmi les plus anciens métiers du monde.

La collecte est effectuée, en porte à porte chez les particuliers, avec la collaboration des grandes organisations caritatives et de nombreuses entreprises de réinsertion, ou encore par le biais de conteneurs mis a la disposition de la population, dans divers lieux publics (places, voisinage des mairies, grandes surfaces, etc... )
Elle permet, en invoquant la volonté profonde de solidarité de la population, de récupérer annuellement quelques 120 000 tonnes de vêtements d'occasion, tissus, drap en fin de vie, constituant une alternative judicieuse à l'incinération.

La collecte, le tri et la récupération des vieux textiles mais aussi des chutes neuves d'industrie, représentent un véritable secteur économique avec plus de 5 000 emplois directs dont le tiers dans les entreprises d'insertion.

Après classage et reconditionnement 50% de ces vieux textiles partent vers les pays en voie de développement, tels que le Continent africain, une partie de l'Orient et de l'Asie, l'Amérique du Sud et les pays de l'Est, où la friperie représente l'équivalent de notre confection, pour habiller décemment une grande partie de la population incapable de s'habiller en neuf ;

Environ 85% de la population africaine s'habillent et se chaussent en friperie. Pour ce faire, les vieux vêtements donnés aux oeuvres, après négociation d'un prix d'achat satisfaisant pour contribuer aux bonnes actions de ces dernières, rentrent dans nos usines, où ils deviennent une matière première.

Outre les 50% de vêtements d'occasion réutilisables en friperie nos entreprises traitent aussi de façon écologique les 50% restant de la collecte ; c'est ainsi que :

  • 20% se transforment en chiffon d'essuyage,
  • 10% vont en cartonnerie,
  • 8% sont destinés à l'effilochage.
  • Enfin, les 12% de déchets ultimes restant sont éliminés, dans le respect des règles environnementales.

L'essuyage traditionnel, produit à partir de vêtements devenus immettables ou de linge de maison en fin de vie (surtout en fibres naturelles) coupés aux dimensions requises, atteint de nos jours une qualité remarquable (pouvoir absorbant et résistance) résultat du professionnalisme des entreprises, qui ont fidélisé une clientèle exigeante.
Les consommateurs ont ainsi un essuyage écologique, qui répond aux besoins réels de leurs activités, aussi diverses que les petits garages ou les grandes industries mécaniques.
Qui n'a pas besoin d'un chiffon pour essuyer...

L'effilochage, essentiellement de lainages, constitue un recyclage pur (différent du réemploi) puisque le textile effiloché par couleurs, permet de fabriquer de nouvelles fibres, qui seront tissées, pour la plupart, en Italie et aux Indes.
L'effiloché mêlé, sert par ailleurs au rembourrage de sièges ou comme isolant.

Enfin les textiles, inutilisables en friperie, en essuyage ou en effilochage, mêlés à du bois et à du carton, servent à fabriquer du carton feutre et un matériau pour l'isolation ; avec comme principale issue la Cartonnerie de Pont-Audemer.

Globalement 88% des textiles collectés sont écoulés en friperie ou sous forme de matières premières dans le secteur textile, des quantités significatives qui, sans nos activités finiraient à la décharge.


Quelques chiffres

Chiffre d'affaires 1999 :1,1 Milliard de F.
Volume collecté en 1999 : 250.000 T
Exportations en 1999 : 33.000 T





Photos : Marc Roger